Vous avez surement eu vent de ce qu’il s’est passé il y a peu dans le bar le Fontainas (Bruxelles), où deux individus (bourrés) sont rentrés pour insulter / molester la clientèle (principalement gay) dans un florilège d’insultes homophobe. Un des serveurs s’est défendu, et a donné trois coups de couteaux à l’un des agresseurs, l’envoyant direct à l’hôpital.
Ce n’est pas la première agression homophobe, ce n’est pas la dernière, malheureusement. Et je voulais en profiter pour parler de mon ressenti face à Bruxelles. De tous temps, les capitales ont été des lieux de « refuge » pour les holebis, des endroits plus ouverts, plus libres, où l’on pouvait vivre au grand jour, se retrouver dans des bars, sortir (et dieu sait que je déteste sortir dans le milieu gay, mais c’est un espace dont beaucoup ont besoin pour se retrouver). Pas Bruxelles.
Bruxelles était pour moi une belle ville, une ville dans laquelle je voulais vivre, et que j’ai mis du temps à appréhender. Mais à Bruxelles, j’ai vu et subit des choses que je n’ai jamais vu dans une autre capitale auparavant. Les insultes homophobes sont quotidiennes (alors même que je suis le dernier à tenir mon copain par la main où a l’embrasser en public, c’est dire), quand ce ne sont pas carrément les tentatives de passage à l’acte (ou des bouteilles lancées vers moi et mon compagnon). Plusieurs de mes amis ont d’ailleurs eu l’immense joie de se rendre à la police pour coups et blessures.
Mais Bruxelles laisse faire. Bien sûr l’on parle de plan tolérance, l’on fait des débats, l’on fait intervenir des personnes, mais Bruxelles ne fait rien. Pire, Bruxelles se transforme peu à peu, et en tant qu’homosexuel, il y a plusieurs endroits où je ne veux plus mettre les pieds, trop risqués, trop fermés, trop dangereux (et ce y compris Anneessens situé à 300 mètres de mon appartement).
Pire, cela devient une habitude de croiser des troupeaux d’homophobes près des lieux gays (ce à 300 mètres du commissariat, rassurant), n’hésitant pas à insulter toute personne trop « pédé » à leur goût, voir en passer aux mains quand cette personne aurait le culot de répondre, portant atteinte à leur glorieuse virilité.
Alors je ne vais pas déplorer ces coups à un béotien primaire. Loin de moi l’idée de vouloir qu’il y reste (quoique.), mais je ne comprends que trop bien ce mouvement de défense, quand les insultes, les coups, les projectiles lancés contre les holebis sont quotidiens. Je ne comprends pas que dans une ville comme Bruxelles, certains ne comprennent pas les principes de base de vivre ensemble et de tolérance, et je finis par me dire que je n’ai plus les mêmes valeurs que cette ville / ce pays.
Et non je ne pleurerai pas sur un homophobe, je ne me larmoierai pas sur une série d’excuses qu’on ne manquera pas de nous chier: parents absents, vie en quartier difficile, … car de tels actes font partie des bases morales de notre société, ce sont les socles même de la tolérance, de l’acceptation de tout en chacun, et ces valeurs fonctionnent bilatéralement. Non ces actes ne sont pas excusables.
Mes pensées vont au Fontainas et aux personnes présentes ce soir là, mais cet évènement n’est que la cristallisation de centaines d’autres, de brimades quotidiennes, qui rendent notre capitale de plus en plus invivable pour les holebis. Mes pensées vont à tous les holebis de la capitale, et de partout dans ce foutu pays, qui continuent à subir les brimades de beaufs primaires, incapables de vivre et laisser vivre. Le travail qu’il reste à faire est énorme, titanesque, et il serait sérieusement temps de se bouger le cul (et d’ailleurs faites un tour sur la page de l’association Outrage qui tente de changer tout ça).
Des pistes existent, des initiatives sont mises en place, mais où en est l’information dans les écoles? Où en sont les rappels des bases du vivre ensemble? Bref: Qu’est-ce que vous foutez, BORDEL?!
Mise à jour: récit des évènements sur le site du journal Le Soir